french  uk  japanese

 

DIFFICULTÉS PROPRES A L'EXPATRIATION

 

D’après les expériences d’anciens volontaires expatriés, l’étude de Rive (1997) sur « L’engagement des jeunes dans l’humanitaire et le développement » a pu définir quelques grandes familles de difficultés que les volontaires ont pu rencontrer au cours de leur mission, et que pourront également le psychologue étranger au cours de son projet (Rive, M. (1997). p. 19).


1. Difficultés matérielles

Le volontaire découvre une situation matérielle comportant des ressources différentes de celle qu’il connaissait, ce qui va lui demander une adaptation. L’isolement par rapport à ses besoins pourra lui demander de s’efforcer à obtenir ce qui lui manque ou au contraire d’optimiser ce qu’il possède.

2. Difficultés relationnelles

Le nouveau contexte socioculturel que le volontaire rencontrera comportera inévitablement des différences et des spécificités auxquelles il ne sera pas forcément préparé. Sa rencontre avec les différences pourront limiter ses efforts d’intégration et limiter ses relations avec ses interlocuteurs.

3. Difficultés professionnelles

Les conditions de travail du volontaire sont en général très différentes de celles que connaît déjà le volontaire, et elles pourront parfois perturber son activité. Le travail en équipe, les relations hiérarchiques, les habitudes de travail, les règles administratives… seront autant d’éléments qui pourront le déstabiliser dans son projet.

4. Difficultés personnelles

Dans un environnement nouveau, le volontaire pourra être à même de souffrir de différents troubles qui l’affecteront personnellement. Au niveau de la santé tout d’abord, le climat, la nourriture, les pollutions, les différentes maladies infectieuses… risqueront d’affaiblir son métabolisme. La dureté de la mission, la confrontation à la pauvreté, la maladie, la précarité est un facteur supplémentaire pouvant fragiliser le volontaire surtout que « la proximité [des volontaires] avec cette population souffrante et leur empathie font qu’ils s’arrogent des responsabilités au-delà de celles qui sont réellement les leurs et qu’ils se culpabilisent pour des situations en dehors de leur contrôle » (Davis, J.M. (2000).pp. 82-88).

Le travail en équipe joue alors un rôle essentiel, et la dynamique du groupe permettra de protéger le volontaire, ou au contraire de l’affliger encore plus. Ainsi, Rufin (cité in Davis (2000)) rappelle l’impact que l’équipe peut avoir sur le volontaire : « C’est au long cours, dans le quotidien de la mission, que se tisse cette relation particulière du volontaire avec l’institution qui l’emploie, relation qui peut être harmonieuse ou au contraire source de conflit, d’inadaptation et de réaction pathologique. Il ne faut jamais oublier qu’un groupe nouveau exerce sur un volontaire, parti à des milliers de kilomètres de chez lui et soumis à des dangers objectifs, une contrainte extrêmement forte et susceptible d’être en elle-même pathogène » (Rufin cité par Davis, J.M. (2000)). Ainsi, de la relation entre le volontaire et son équipe locale dépendra beaucoup la réalisation du projet : « personne solide psychologiquement peut être mise à mal si elle se trouve dans une équipe qui la rejette ou qui rejette ses façons d’affronter les problèmes. [Et inversement,] une personne ‘fragile’ peut s’en sortir très bien, même dans une situation éprouvante, si elle est bien secondée et soutenue par ses coéquipiers».

Aussi, l’éloignement, le fait d’être seul ou seulement entouré de connaissances, l’absence de distinction fréquente entre la vie personnelle et vie professionnelle pourra fragiliser son humeur et le rendre plus vulnérable à des troubles psychologiques si il rencontre des difficultés sur le terrain (consommations régulières et/ou excessives d’alcool et de drogues, nervosité, découragement, voire dépression grave…).

Enfin, par rapport à ces différentes difficultés, Lachal (2003) insiste sur la mission du travailleur en santé mentale expatrié, et reconnait qu’ils ont un « mode de travail auprès des autres qui les investit beaucoup sur le plan personnel ». Aussi, « pour palier à cela, il faut qu’ils puissent prendre du recul par rapport à leur travail, le "secondariser" : c’est pourquoi nous essayons de mettre en place des supervisions. L’appui des consultants est aussi très important. La passation est un temps fort dans les programmes de soins psychologiques et devrait être davantage travaillée » (Lachal, C. (2003)) On voit alors qu’il existe des mesures qui visent à encadrer le volontaire dans son travail et limiter les pressions qu’il peut subir (stage de préparation à la mission, supervision, temps de passation, échanges avec le responsable régional…).

 

<<< La notion d'acculturation

 

Références bibiographiques:

Davis, J.M. (2000). L’expérience des médecins en mission humanitaire. Humanitaire n°1.
Lachal, C. (2003). Mettre en place une mission de soins psychologiques. Pourquoi ? Quand ? Comment ? in Baubet T, Le Roch K, Bitar D, Moro MR. (Eds) Soigner malgré tout. vol. 1 : Trauma cultures et soins. Grenoble : La Pensée Sauvage.
Rive, M. (1997). L’engagement des jeunes dans l’humanitaire et le développement : synthèse documentaire. Laval : Crides Ritimo.
Rufin, J.C. (1994). L’aventure humanitaire. Paris : Découverte Gallimard.

 
 

 

 

Centre de Psychologie de Tokyo (2012)
contact - plan du site - mentions légales   //  Optimisé pour I. Explorer / Safari