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EXPATRIATION ET INTERCULTURALITÉ

 

Dans sa recherche, Materne (1995) s’intéresse au vécu de l’expatriation et découpe le séjour d’un travailleur expatrié en trois phases distinctes que l’on peut retrouver dans un grand nombre d’expériences d’expatriation.

La première phase est celle de la découverte, abordée le plus souvent avec enthousiasme, entrain et énergie. Le contact brutal et intense avec la réalité, comme une sorte de choc culturel, climatique, social… est souvent bien vécu par le travailleur expatrié qui pour beaucoup avaient aussi choisi de vivre cette expérience pour vivre ce type de sentiment. Parfois tout de même, il peut rencontrer des difficultés spécifiques comme dans le cas de missions en milieu particulièrement pauvre, en guerre, faisant suite à différents types de catastrophes ou encore par rapport à des sociétés régies par des règles spécialement strictes. Dans ce nouvel environnement, le travailleur aura l’occasion d’expérimenter l’efficacité de son travail et ses relations sociales avec une population souvent méconnue.

Cette première phase sera celle du repérage des normes et d’apprentissage permanent. Le travail interculturel exigera de s’habituer à un nouveau rythme de vie et souvent une autre façon de penser, les différents types d’acculturation (voir « acculturation ») prennent alors toutes leurs importances. Cette première phase d’énergie intense cèdera alors la place à la deuxième étape marquée par une certaine « désillusion ». Ici, les effets provoqués par la nouveauté s’estompent petit à petit, laissant apparaitre un décalage entre l’imaginaire projeté lors du départ et les réalités du terrain. Face à des difficultés qui pourront se faire de plus en plus ressentir, le travailleur expatrié est tout de même tenu à assurer les exigences d’efficacité qu’il vise et les objectifs qui lui ont été confiés. Dans ce cas, le travailleur devra alors essayer de retrouver un équilibre face à ce décalage entre la situation imaginée et la réalité, interrogeant souvent au passage ses convictions et de ses valeurs personnelles.

La troisième phase est celle de l’ « inculturation », définit comme un « processus de contacts et d’interpénétration entre des cultures différentes » (Materne, F. (1995). p. 23). Ramené avec le sentiment de rupture avec son milieu d’origine et au contact avec la nouvelle culture, le travailleur va se construire de « nouvelles références à partir de ses convictions mûries et recentrées par rapport à l’expérience de terrain au sud » (Materne, F. (1995). p. 23). Ici, le travailleur est toujours perçu comme un étranger, mais un étranger dont l’action se situe dans un partenariat, « c'est-à-dire sur la base d’une toile de fond culturelle élaborée ensemble » (Materne, F. (1995). p. 24). En fonction des phases précédentes, selon les éventuels freins rencontrés face à la situation socio-culturelle et les aléas du projet, l’inculturation demandera au travailleur de modifier son regard initial sur la réalité du pays d’accueil, et pourra alors prendre l’aspect, en reprenant la classification de Berry (voir « l’acculturation »), d’une assimilation, séparation, intégration ou encore marginalisation.

 

La notion d'acculturation >>>

 

Références bibiographiques:

Materne, F. (1995). Le second départ. Strasbourg : Cefode Forum.

 

 

 

Centre de Psychologie de Tokyo (2012)
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